Auteur/autrice : Emmanuelle Cas
Unis et mobilisés : la décision du CO du 8 avril 2026
Publié le 9 avril 2026
Ces derniers jours, notre barreau s’est levé avec force contre un projet de loi qui prétend introduire, un mécanisme de « plaider coupable » en matière criminelle.
Cette grève générale, volontairement brève, constitue l’expression d’un attachement viscéral à ce qui fonde notre serment : la défense des libertés, l’exigence du contradictoire, la solennité du procès criminel.
À ce stade, rien n’est encore scellé. Le débat parlementaire est en cours. Il peut encore infléchir le texte. C’est donc avec lucidité et sans faiblesse, que nous devons arrêter notre stratégie.
Lors de l’assemblée générale, toutes les voix de notre barreau ont été entendues et prises en compte à savoir : les inquiétudes légitimes, les contraintes de notre exercice, l’engorgement des juridictions, l’allongement des délais, les équilibres économiques fragiles de nos cabinets ...
Mais nous le disons avec gravité : aucune contrainte, aucune difficulté, aucune urgence ne saurait justifier que l’on renonce à ce qui constitue l’ossature de l’État de droit.
Le Conseil de l’Ordre - réuni le 08 avril 2026 - a arrêté les mesures suivantes :
(voir plus bas)
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à compter du 9 avril 2026 et jusqu’à nouvel ordre :
📍suspension des désignations au titre des CRPC,
📍suspension des déferrements CRPC, tant en secteur libre qu’assisté,
📍suspension des désignations en comparutions immédiates,
📍suspension des désignations devant les cours d’assises.
Ce choix est un choix stratégique. Il n’est ni un recul, ni un renoncement. Il vise à préserver notre force, à éviter l’usure, et à nous permettre d’intervenir avec force notamment :
JOURNEE JUSTICE MORTE
le lundi 13 avril 2026
rassemblement à 13h30 devant le Palais Verdun (en robe)
Votre présence est indispensable, elle relève d’une responsabilité collective, partagée avec la présence à nos côtés de plusieurs Barreaux du Sud-Est lors de cette journée.
Nous pouvons débattre. Nous pouvons diverger. Mais nous devons, sur l’essentiel, demeurer unis pour défendre notre serment, unis pour défendre les justiciables et unis pour défendre la justice.
Femmes inspirantes
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Peut-on encore tout dire sur scène?
Publié le 3 avril 2026
Le 28 mai 2026
Grand Théâtre de Provence
Les Théâtres, le barreau d'Aix-en-Provence, Legal2digital et ses titres Les Nouvelles Publications et TPBM vous convient à un petit-déjeuner débat consacré au thème : "Peut-on encore tout dire sur scène".
Polémiques, pressions sur les réseaux sociaux, annulation, poursuites judiciaires... la scène est-elle encore un espace de liberté totale?
Entre liberté d'expression, respect des sensibilités et responsabilité juridique, où placer le curseur ?
Artistes, directeurs d'institutions et avocats sont aujourd'hui confrontés à une même question : comment créer librement sans s'exposer ?
Un débat vivant et accessible sur un sujet qui touche à la fois la démocratie, la culture ... et la justice.
Pour en savoir plus, scrollez vers le bas ↓
Les intervenants
📍Dominique BLUZET
Directeur des Théâtres (GTP, Gymnase, Jeu de Paume et Bernardines)
📍Xavier PIETRA
Bâtonnier du barreau d’Aix-en-Provence
📍Cédric DUBUCQ
Avocat au barreau d’Aix-en-Provence
📍Gilles COHEN
Acteur et metteur en scène
Les inscriptions
L’inscription est gratuite mais obligatoire :
📧 Lien d’inscription
Les renseignements pratiques
📅 Jeudi 28 mai 2026
⏰ de 8h30 à 10h30
📍 Grand Théâtre de Provence, 380 avenue Max Juvenal, 13100 Aix-en-Provence
🔎 Voir sur Google maps
Projet de loi SURE : Grève du barreau d’Aix
Publié le 2 avril 2026
La réforme portée par Gérald Darmanin, visant à désengorger les tribunaux en jugeant certains crimes sans plaidoirie, suscite une vive inquiétude pour les avocats.
Le barreau d'Aix, à l'instar de nombreux barreau Français, s'élève contre le projet de loi SURE (pour "sanction utile, rapide et effective"), déposé devant le parlement en mars et qui vise à accélérer les procédures criminelles par l'introduction d'un procédé de "plaider-coupable". Celui-ci permettrait de juger sans plaidoirie l'auteur d'un crime qui reconnaîtrait sa culpabilité.
C’est dans ce contexte que le Conseil de l’Ordre, réuni en séance le 1er avril 2026, a adopté les mesures de grève suivantes :
• La cessation de toute participation des avocats du Barreau d’Aix-en-Provence aux
audiences devant les juridictions civiles, pénales et administratives, du 02 avril 2026 au 07 avril 2026 inclus ;
• L’organisation d’une journée dite « Justice morte » devant les juridictions civiles, pénales et administratives, fixée au 13 avril 2026.
Il est rappelé que s'agissant d'une décision du conseil de l'ordre, CES MESURES DE GREVE DOIVENT ÊTRE SUIVIES PAR TOUS LES AVOCATS DU BARREAU D'AIX-EN-PROVENCE, POUR TOUTES LES AUDIENCES.
MESSAGE DU BATONNIER
Le Conseil de l’Ordre, réuni en sa séance du 1er avril 2026, a adopté une motion solennelle par laquelle notre Barreau exprime son opposition résolue au projet de loi relatif à « la justice criminelle et au respect des victimes », dans la continuité des positions prises par la Conférence des bâtonniers, le Conseil national des barreaux, du Barreau de Paris et les Barreaux de Province.
Cette motion, que vous trouverez ci-dessous constitue l’expression collective d’une inquiétude profonde quant aux atteintes portées aux principes fondamentaux du procès pénal, au premier rang desquels figurent les droits de la défense, le caractère public et contradictoire des débats, ainsi que la place légitime des victimes dans l’œuvre de justice.
Dans ce contexte, il a été décidé un mouvement de grève totale devant les juridictions civiles, pénales et administratives du 02 avril 2026 au 07 avril 2026 inclus, ainsi qu’une journée dite « justice morte » le 13 avril 2026.
Je vous convie à une nouvelle assemblée générale extraordinaire qui se tiendra le mercredi 08 avril 2026 à 12h30, à l’Hôtel de Maliverny, aux fins d’examiner les suites à donner au mouvement de grève en cours.
Je tiens à remercier très sincèrement les Consœurs et Confrères qui, dans le respect de cette mobilisation, assureront leur présence en audience afin de solliciter le renvoi des dossiers et de donner lecture de la motion du Barreau d’Aix-en-Provence.
Leur engagement garantit à la fois la dignité de notre mouvement et la continuité d’une parole institutionnelle forte, claire et unie.
Je veux également saluer l’implication de chacune et chacun d’entre vous dans le suivi de cette mobilisation, qui revêt un caractère capital pour l’avenir de notre profession, mais aussi pour la sauvegarde des droits de la défense et la protection effective des victimes.
Votre concours est précieux dans un moment où notre profession ne saurait plus subir les conséquences des carences persistantes de l’État, lequel se doit d’assurer les moyens humains et matériels indispensables à l’émergence d’une justice véritablement juste, efficace et respectueuse de l’État de droit.
Je sais pouvoir compter sur votre mobilisation, votre sens des responsabilités et votre attachement indéfectible aux principes qui fondent notre serment.
VBDBAT
Xavier PIETRA
MOTION CONTRE LE PROJET DE LOI SURE
L’Assemblée Générale des avocats du barreau d’Aix-en-Provence, s’inscrit dans le sillage des positions fermes prises par la Conférence des bâtonniers, le Conseil national des barreaux et le Barreau de Paris. Elle exprime à son tour son opposition au projet de loi relatif à la justice criminelle et au respect des victimes, issu du projet dit « SURE », actuellement en discussion au Parlement.
- Sous couvert de célérité et d’efficacité, ce texte remet en cause les fondements mêmes du procès pénal criminel. Il fait peser sur la procédure la charge de compenser le manque de moyens humains et matériels. Cette logique est inacceptable.
La création d’une procédure de jugement des crimes reconnus, assimilable à un plaider-coupable criminel, constitue une rupture majeure. En supprimant le procès d’assises elle écarte le jury populaire ainsi que le débat public sur la preuve, la personnalité et la peine. Elle transforme le jugement des crimes les plus graves en une justice soi-disant négociée mais surtout expéditive.
Cette procédure fait peser une pression sur la personne poursuivie.
La promesse d’une peine plafonnée, conjuguée à la détention provisoire et à la menace d’une sanction plus lourde, altère nécessairement la liberté du consentement.
Un tel mécanisme est incompatible avec l’exigence d’un procès équitable et avec les droits de la défense. Contrairement aux objectifs affichés, la réforme affaiblit aussi la place des victimes. Le délai très bref laissé à la partie civile pour s’opposer à la procédure est insuffisant.
L’absence de véritable audience prive les victimes d’un espace d’expression et de reconnaissance. Le procès criminel ne peut être réduit à un outil de gestion des flux. - Par ailleurs, la mise en place des Cours Criminelles Départementales en appel pour tous les crimes punis de 20 ans de réclusion criminelle, contrairement à la parole qui avait été donnée par Monsieur Eric Dupond Moretti devant la représentation nationale, démontre l’absence totale de confiance qui peut être faite au gouvernement. Demain, se sont toutes les Cours d’assises qui sont en danger.
- Enfin, la modification du régime des nullités démontre la volonté du gouvernement de privilégier une logique de gestion des flux au détriment de l’exercice effectif des droits de la défense, y compris dans la justice pénale du quotidien, en empêchant le citoyen de bénéficier d’un réel contrôle de la régularité de la procédure.
En conséquence, l’assemblée générale des avocats du barreau d’Aix-en-Provence soutient pleinement le mouvement de grève décidé par la Conférence des bâtonniers de France. Elle appelle le législateur à renoncer à cette réforme. Elle exige l’ouverture d’une concertation loyale et approfondie, afin de construire une justice criminelle efficace mais surtout publique, contradictoire, humaine et respectueuse de l’Etat de droit.
Dans ce contexte que le Conseil de l’Ordre, réuni en séance extraordinaire le 1er avril 2026, a adopté les mesures de grève suivantes :
📍La cessation de toute participation des avocats du Barreau d’Aix-en-Provence aux audiences devant les juridictions civiles, pénales et administratives, du 02 avril 2026 au 07 avril 2026 inclus ;
📍L’organisation d’une journée dite « Justice morte » devant les juridictions civiles, pénales et administratives, fixée au 13 avril 2026.
Les pionnières du Barreau
Publié le 8 mars 2026
À l’occasion de la journée Internationale des droits des femmes, la commission Mémoire du barreau met en lumière ces femmes pionnières qui, par leur détermination et leur talent ont marqué les premières étapes de l'accès des femmes à la profession d'avocat au Barreau d'Aix-en-Provence.
La justice en urgence
Publié le 2 mars 2026
La commission civile détaille dans cet article le fonctionnement, les usages et les bonnes pratiques à observer pour les procédure relevant de la chambre des urgences de la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.
Date de publication : 02/03/2026
Vers la suppression de l’excuse de minorité?
Publié le 26 février 2026
L’Observatoire de l’Etat de droit de la Conférence des Bâtonniers a publié une tribune consacrée aux récentes prises de position appelant à la suppression de "l’excuse de minorité".
Ce principe, reconnu par le Conseil Constitutionnel garantit l’atténuation de responsabilité selon l’âge et le discernement.
Au-delà du débat pénal, c’est l’équilibre entre protection de l’enfance, individualisation des peines et État de droit qui est en jeu.
Au-delà du débat politique, cette question engage des principes fondamentaux de notre droit pénal et de notre justice des mineurs. Il nous a paru essentiel de rappeler, de manière claire et rigoureuse, les enjeux juridiques et démocratiques en cause.
L'Observatoire de l'Etat de droit dénonce les propos récents tenus par le Monsieur le Ministre de l'Intérieur et Monsieur le Garde des sceaux en faveur de la suppression de l'excuse de minorité :
Tribune de l’Observatoire de l’Etat de Droit
Dénonciation des propos sur la suppression de « l’excuse de minorité »
Les déclarations de Laurent Nunez et Gérald Darmanin en faveur de la suppression de « l’excuse de minorité » dépassent le débat pénal : elles interrogent la solidité de nos garanties constitutionnelles.
Derrière cette expression se trouve un principe fondamental du droit pénal des mineurs, l’atténuation de la responsabilité selon l’âge et le discernement. Issu de l’ordonnance du 2 février 1945, fondatrice de la justice des mineurs et consacrant la primauté de l’éducatif, ce principe a été élevé aux rangs de principe fondamental reconnu par les lois de la République par le Conseil Constitutionnel.
Il repose sur l’idée que le mineur n’est pas un majeur en réduction. Sa responsabilité pose l’établissement de son discernement. Le droit prévoit une présomption de non discernement avant 13 ans et de discernement au-delà, avec une appréciation individualisée. L’atténuation se traduit notamment par un plafonnement des peines : en principe, la sanction privative de liberté ne peut excéder la moitié de celle encourue par un majeur (la perpétuité est en ramener à 20 ans).
Il s’agit d’une gradation conforme à la tradition française et au standards internationaux de protection de l’enfance. L’atténuation peut d’ailleurs être écartée à titre exceptionnel pour les mineurs de plus de 16 ans, par décision spécialement motivée, tenant à leur personnalité et aux circonstances. L’exception existe, mais demeure subsidiaire.
L’idée d’une révision constitutionnelle soulève une difficulté plus profonde encore : assimiler pénalement mineurs et majeurs, créerait une tension avec d’autres principes constitutionnels, notamment l’individualisation des peines issue de l’article 8 de la déclaration de 1789. Traiter identiquement mineurs et majeurs, contredirait l’exigence d’adapter la sanction à la personnalité et à la situation de l’auteur.
Ces prises de position interviennent dans un contexte de crimes graves, impliquant des adolescents recrutés par la criminalité organisée. L’émotion est légitime, mais la politique pénale ne saurait être symbolique. L’argument selon lequel l’atténuation favoriserait ces recrutement suppose une rationalité stratégique des mineurs quant au quantum de la peine, hypothèse fragile : le passage à l’acte adolescent résulte rarement d’un calcul pénal. Par ailleurs, 20 ans d’emprisonnement ne constitue pas une sanction bénigne.
L’enjeu central demeure la prévention et la prise en charge éducative. Les délais en assistance éducative, le manque d’éducateur et les difficultés structurelles de la protection judiciaire de la jeunesse sont des facteurs objectivement identifiés de vulnérabilité.
La justice des mineurs repose sur une conception cohérente : l’enfance et l’adolescence sont des périodes de formation marquées par l’immaturité et la plasticité psychologique. Le droit articule ainsi responsabilité et éducabilité.
Supprimer l’atténuation reviendrait à rompre avec cette cohérence historique et constitutionnelle, en substituant une logique d’alignement abstrait à l’individualisation.
L’enjeu dépasse la conjoncture : il touche à la conception même de la responsabilité pénale dans un Etat de droit. Maintenir ce principe en période de tension sécuritaire n’est pas une faiblesse, mais l’expression d’une exigence juridique. Le supprimer franchirait une ligne rouge républicaine, au détriment d’un équilibre qui protège à la fois notre société et nos enfants.
Le timbre fiscal à 50€ pour saisir la justice
Publié le 24 février 2026
Issue de la loi de finances 2026 cette mesure impose au justiciable une contribution de 50€ pour toute requête introduite en première instance devant une juridiction.
Largement contestée par la profession, cette mesure a été validée par le Conseil Constitutionnel le 19 février 2026 et s'appliquera dès le 1er mars prochain selon certaines modalités détaillées ci dessous:
Une entrée en vigueur le 1er mars 2026
- La contribution pour l’aide juridique est due pour les instances introduites à compter du 1er mars 2026.
- La contribution sera acquittée par voie électronique.
Dans quels cas le timbre est-il obligatoire ?
- La contribution de 50€ est due
- par le demandeur en première instance en matière civile
- par le demandeur en première instance en matière Prud’homale
- La contribution n’est pas due
- par les bénéficiaires de l’AJ
- par l’État
- pour la procédure devant la CIVI
- pour les procédures devant le juge des enfants
- pour les procédures devant le JLD
- pour les procédures devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives et restrictives de libertés
- pour les procédures devant le juge des tutelles
- pour les procédures de surendettement des particuliers
- pour les procédures de redressement et de liquidation judiciaire
- pour les procédures relatives aux ordonnances de protection
- pour la procédure mentionnée au II de l’article L. 20 du code électoral
- pour les procédures d’injonction de payer (y compris l’opposition à l’ordonnance portant injonction de payer)
- pour les procédures introduites devant le JAF pour faire homologuer une convention parentale.
Comment faire en pratique ?
- L’achat du timbre se fait exclusivement sur le site: timbres.impots.gouv
- Joindre le timbre à la demande en justice .
- Consulter le Journal Officiel
Délais de jugement des crimes
Publié le 12 février 2026
Le Sénat a adopté ce 12 février, une proposition de loi organique, qui permettra de pérenniser le recours aux avocats honoraires dans les cours criminelles départementales. À l’heure où la chaine pénale est confrontée à des tensions importantes en raison du nombre d'affaires pénales en attente de jugement, ce dispositif permettrait d’augmenter la capacité de jugement et de fluidifier l'audiencement criminel.
Mundiavocat
Publié le 2 février 2026
Du 9 au 17 mai 2026
Benidorm - Espagne
Cette année c'est à Benidorm que le barreau d'Aix se rendra pour participer au Mundiavocat, le plus grand évènement sportif mondial dédié aux professionnels du droit.
Les barreaux d'Aix-en-Provence et Marseille se sont associés au sein d'une même équipe composée d'avocats et de juristes.
Nous leur souhaitons de beaux moments de sport et attendons les résultats ;)
